LA LINGERIE DE MARIÉE: UN CHOIX À PESER

“La lingerie de qualité passe avant tout inaperçue et sait se faire oublier. Pourquoi en serait-il autrement pour la lingerie de mariée?”, nous demande sans préambule la styliste en lingerie Christa Van Vooren – Question purement rhétorique, vous l’aurez compris. “La règle vaut d’autant plus le jour du mariage, car c’est sans doute l’un des plus longs de la vie. On se lève à l’aube pour se préparer et on ne va généralement se coucher qu’au petit matin. Faire le tour du cadran dans des dessous qui gênent aurait de quoi vous gâcher la journée! À ce titre, les dessous, c’est comme les chaussures : ils ont tout intérêt à se faire oublier.”
Christa Van Vooren a mis au point une formation de styliste en lingerie destinée aux propriétaires et vendeuses de magasins spécialisés. Cette mission lui a été confiée par le fabricant de lingerie Van de Velde, père des concepts ‘Marie Jo Styling’ et ‘Prima Donna Styling’. Christa Van Vooren enseigne aux professionnels de la branche à prendre les mesures dans les règles de l’art et à conseiller les clientes en fonction de leur silhouette, de leur profil couleur et de leur personnalité.
“Les femmes ignorent souvent ce que la lingerie peut faire pour elles”, poursuit Christa. “Comme la silhouette, les vêtements sont d’autant mieux mis en valeur que les dessous sont adaptés. Et pour ce faire, il est impératif de choisir la taille et le modèle adéquats. Or, c’est loin d’être évident. Près de quatre-vingts pour cent des femmes portent un soutien-gorge inadapté. Résultat: la bande du dos remonte et les seins, mal soutenus, se noient dans des soutiens-gorges trop grands ou débordent de bonnets trop petits. Outre la taille, il faut considérer le modèle. Celui-ci doit tenir compte de la forme des seins et de l’effet recherché. Aspects d’autant plus importants pour la lingerie de mariage, qui doit en plus être adaptée à la robe. La mariée ne se sentira bien que si les deux lui vont parfaitement.
Il importe donc également pour la mariée de choisir une robe en tenant compte de sa silhouette et de sa poitrine. Quand on craint en permanence de voir ses seins jaillir de son décolleté, on n’a pas vraiment l’esprit à la fête…
Quand on a la poitrine assez menue, le choix du modèle est presque illimité. On n’a plus alors qu’à en adapter le style à celui de la robe. Celles qui ont la poitrine plus forte, par contre, sont un peu plus limitées: pour un soutien optimal, on optera de préférence pour un modèle full cup à bretelles.
Voici, pour vous aider, ce qu’il faut faire et ne pas faire.
Bretelles ou pas?
Dénudant à la fois le décolleté et les épaules, la robe bustier est doublement sensuelle. Elle a néanmoins pour inconvénient d’exiger un soutien-gorge sans bretelles. Or, en règle générale, le soutien-gorge bandeau est réservé à celles qui n’ont pas la poitrine trop développée. À partir du bonnet D, maintenir la poitrine parfaitement sans l’aide de bretelles n’est pas évident. Vous admettrez, mesdemoiselles, que vous avez mieux à faire ce jour-là que de remettre sans cesse ‘les choses en place’.
Celles que la nature n’a pas épargnées à ce niveau mais que rien ne ferait renoncer à la robe bustier peuvent toujours la combiner à une veste ou un châle en tissu léger, qui en plus de camoufler les bretelles transparentes de leur indispensable allié permettra dans le même temps de couvrir les bras trop rebondis. Le voile, en la matière, est un outil très apprécié.
Robe bain de soleil?
Les décolletés à bretelles tour de cou sont très en vogue en ce moment. Si vous avez les épaules droites et la carrure assez large, la robe bain de soleil mettra superbement ces atouts en valeur. Celles qui ont les épaules tombantes lui préféreront le décolleté bateau ou une robe à larges bretelles qui permet en outre le port d’un soutien-gorge à bretelles.
La robe bain de soleil exige quant à elle un soutien-gorge bandeau ou à bretelle tour de cou.
Le décolleté empire
Les robes de mariée à décolleté empire – dans le genre Sissi – demandent un soutien-gorge très échancré de type balconnet et à bretelles très écartées.
Pour faire tout leur effet, les robes à décolletés plongeants nécessitent le port d’un soutien-gorge de même coupe à entre-bonnet transparent.
Le look années cinquante
Le style années cinquante se caractérise notamment par les seins coniques. Pour soigner votre look jusque dans le détail, vous veillerez à choisir un soutien-gorge qui forme bien la poitrine et dont le bonnet à couture se termine en pointe. Ce modèle offre en outre l’avantage d’un soutien optimal.
Et pour les robes très décolletées dans le dos?
La plupart des robes de ce type offrent désormais une solution intégrée: le dos de la robe présente une sorte de tunnel dans lequel on passe la bande du dos du soutien-gorge pour la maintenir bien en place. On peut ainsi se permettre d’avoir le dos nu sans faire aucune concession en termes de maintien.
En choisissant un décolleté en pointe, vous donnerez l'impression qu'il est plus échancré et combinerez l’avantage esthétique à celui du confort.
Blanc, ivoire ou chair?
Le retour de l’ultra-blanc dans la mode nuptiale est un fait. Il sied à merveille au type hiver (cheveux et yeux foncés), de même que le duo ultra-blanc – rouge feu. Si l’ivoire et le coquille d’œuf vont à tous les types, le métallique et l’argenté sont plutôt réservés aux types hiver et été, tandis que le crème et les nuances de moka iront mieux aux types automne et printemps. Le ‘nude color’ très actuel convient admirablement au type printemps.
Sous une robe de mariée blanche, on évitera de porter des sous-vêtements blancs, qui se voient par transparence. Mieux vaut opter pour le chair ou le rose nacré. Pour celles qui osent, il y a bien sûr le rouge. Aussi étrange que cela puisse paraître, certaines nuances de rouge ne se voient pas sous le blanc. Votre spécialiste en lingerie se fera un plaisir de vous conseiller en la matière.
Dentelle ou non?
Les robes de mariée droites et près du corps en soie unie demandent des sous-vêtements lisses qui passent inaperçus. Les soutiens-gorges à bonnets lisses préformés en microfibre et les slips sans coutures sont particulièrement recommandés dans ce cas. Les robes fantaisie à motifs supportent quant à elles des sous-vêtements en dentelle plus élaborés, mais mieux vaut éviter tout de même l’excès d’ornements de type fleurs ou nœuds sur l’entre-bonnet ou les bretelles. Ces accessoires sont du reste parfois amovibles.
String ou culotte?
Rien de tel qu’une culotte taille haute pour redessiner la ligne et gommer les petits bourrelets. La gaine culotte offre par ailleurs un excellent maintien. Précisons, pour celles qui ne l’ont jamais essayée, que la culotte pourrait être un peu oppressante au début. Mieux vaut donc vous y habituer en attendant le grand jour.
Le corsage : le trio gagnant
Alliant séduction, confort et fonctionnalité, le corsage est à la fois romantique et technique. Selon le modèle (corsage ou guêpière), il permettra d’obtenir un bel effet gainant ou vous fera la taille fine. Veillez dans ce cas à ce que votre robe ne soit pas dotée de baleines. Si la robe est en tissu lisse, optez pour un corsage ‘discret’ uni lui aussi.
Jarretelles et jarretières
La tradition veut que la mariée porte une jarretière. Certains associent la lingerie de mariage aux bas à jarretelles et porte-jarretelles. Or, si ces attributs vestimentaires peuvent être source d’émoi derrière les rideaux, ils sont loin d’être élégants sous des vêtements moulants. Ils sont donc réservés à celles qui optent pour la robe à crinoline, et à condition toutefois d’aimer ce genre d’accessoires. Pour celles qui n’en ont jamais porté, mieux vaut ne pas attendre le jour du mariage pour essayer. La sensation peut aller de l’étrange au rebutant, et demande une bonne dose de philosophie… À moins donc que vous ne soyez une inconditionnelle des sports extrêmes, genre saut à l’élastique, ne prenez ce genre de risques que si vous êtes prête à garder le sourire quoi qu’il arrive. Au pire, l’expérience vous vaudra une bonne anecdote.
texte: Lut Clincke


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