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mar, 03/01/2012 - 17:08
Texte: Lut Clincke
La dentelle est à nouveau très présente dans l’univers de la mode. Cette tendance découle d’un retour aux valeurs sûres. Il en va de même, dans le domaine des robes de mariée. Les robes de mariée et les vestes assorties en dentelle connaissent, actuellement, un grand succès et le voile en dentelle est à nouveau très « in ».
La dentelle est omniprésente dans la nouvelle collection de Prada, experte par excellence dans le lancement de nouvelles modes.
Miucca Prada, la styliste, est une italienne de sang et de cœur. Dans les coulisses, après le défilé, elle explique être véritablement fascinée par cette matière noble qui court tel un fil rouge à travers la vie des femmes. « La dentelle est empreinte d’émotions et de traditions » dira-t-elle. « La dentelle se situe entre la religion et la passion, entre la pudeur et l’érotisme. La dentelle jalonne toutes les étapes importantes de la vie d’une femme : le nouveau-né est baptisé dans une robe en dentelle, la première communiante est habillée de dentelle, la jeune fille reçoit un soutien gorge en dentelle qui éveille, en elle, la séductrice. Lorsqu’elle épouse son grand amour, la femme porte un voile de dentelle blanc. Et lorsqu’elle perd un être cher, elle porte le deuil, habillée de dentelle noire ».
La symbolique du voile en dentelle
La mariée est enveloppée d’un voile de mystère. Comme si la jeune fille ne pouvait être vue qu’après avoir prononcé le « oui » tant attendu.
Dans plusieurs civilisations, le voile est symbole de pureté. Dans l’ancien temps on croyait que le voile rendait la future mariée méconnaissable aux yeux des voleurs de mariées. La crainte que la mariée se fasse enlever, était profondément ancrée dans l’imaginaire collectif.
Le fait qu’on vienne chercher la mariée à son domicile et qu’ensuite elle franchit le seuil de sa nouvelle demeure, portée dans les bras de son mari, provient de ces croyances passées.
En Finlande l’enlèvement de la mariée fait partie des traditions : la mariée est enlevée symboliquement et le marié doit remplir certaines tâches pour regagner sa fiancée.
Aussi la dentelle était une manière d’afficher son pouvoir. Lors de grandes occasions comme lors d’un mariage, on prêtait une attention toute particulière à la dentelle qui exprimait le niveau d’aisance de la famille.
Les voiles de dentelle étaient donc, souvent, un bien familial qui se prêtait lors des mariages familiaux.
Un bel exemple de ces voiles familiaux est celui de Laura Mosselman du Chenoy, la grand-mère paternelle de la reine Paola. Ce voile date de la seconde moitié du 19ième siècle et est réalisé en fils de lin, avec fuseaux et aiguille sur un tulle de coton. Il fut réalisé spécialement en vue du mariage de Laura Mosselman du Chenoy, la deuxième fille du comte belge Théodore Mosselman du Chenoy, avec Don Beniamino, Prince Ruffo di Calabria, le 18 juillet 1877. La reine Paola portait ce voile lors de son mariage avec le roi Albert, alors encore Prince de Liège.
Le voile fut rénové à deux reprises, en 1984 pour le mariage de la princesse Astrid avec le prince Lorenzo, et en 1999 lors du mariage du prince Philippe avec la princesse Mathilde. Cette dernière restauration fut orchestrée par Madame Colette van Steyvoort, experte en dentelle et véritable âme du musée de la dentelle de Bruxelles.
Claire Coombs portait également ce même voile lors de son mariage avec le prince Laurent. La dentelle a donc une valeur symbolique très importante et perpétue les traditions. Mais chaque maison royale ne possède pas un voile qui se passe de main en main. La princesse Maxima s’est mariée dans une robe Valentino dont le voile faisait partie intégrante de l’ensemble. La princesse Diana, quant à elle, portait une robe dans laquelle était retravaillée de la dentelle ancienne. Cette manière de procéder arrive souvent dans les milieux en vue. Une tradition qui rejoint la maxime anglaise qui dit « something old, something new ».
Il arrivait régulièrement que des symboles soient travaillés dans la dentelle ou que le motif soit lié à un village précis ou à une famille particulière.
Les motifs constituaient souvent la marque de fabrique d’une dentellerie: certaines réalisaient un seul et unique motif.
La dentelle a également, depuis toujours, une face cachée. Elle est utilisée comme outil de séduction. Il y a plusieurs siècles, les femmes manipulaient de ravissants mouchoirs en dentelle pour attirer l’attention des hommes.
A cette époque il était tout à fait inconcevable qu’une femme fasse le premier pas. Mais les femmes avaient déjà leurs secrets pour faire tomber les hommes (au sens littéral) puisqu’elles faisaient glisser un mouchoir en dentelle pour attirer le regard d’un homme. Celui-ci ramassait alors le mouchoir et le rendait à la dame. Avec ou sans conséquence.
Et bien entendu la lingerie en dentelle est depuis toujours un outil rêvé de séduction. On rajoutait aux sous robes un bord en dentelle qui se voyait à peine mais qui suffisait pour titiller l’imagination des hommes.
La lingerie fine était réservée, initialement, aux dames de standing qui ne travaillaient pas. Dans les années 20, les sous robes ou « combinaisons » devinrent très populaires. La dentelle fut alors très prisée. Son succès dura jusqu’aux années 40. Le linge de nuit a suivi la même tendance et était très travaillé avec nombreux bords en dentelle et broderies. Jusqu’à l’apparition de la dentelle élastique, la dentelle était utilisée uniquement comme finition. Grâce aux fibres élastiques il est possible aujourd’hui de réaliser des bodys, des culottes et des soutiens complètement, en dentelle.
La Flandre : le berceau de la dentelle
Les techniques de fabrication de dentelle sont nées à la fin du 15ième siècle.
La Flandre jouit d’une réputation à travers les siècles, en matière de fabrication de dentelle.
Pourtant les avis divergent quant à l’origine exacte : la plupart affirment que la dentelle est née en Flandre, mais d’autres avancent que ce sont les Italiens qui la créèrent en premier lieu.
Un fait est certain : au 16 ième siècle, les échanges entre l’Italie et la Flandre étaient réguliers et il est fort probable qu’il y ait eu interaction entre les deux régions.
Toujours est-il que la dentelle de Flandre était appréciée dans les plus hauts cercles. L’impératrice Marie-Thérèse était une grande amatrice de dentelle. Lors de l’inauguration des Etats Généraux de Flandre, elle portait une magnifique robe en dentelle de Malines.
La dentelle fut réalisée aux fuseaux par des Flamandes qui travaillèrent pendant une année entière à la confection de la robe. Pour les remercier, l’impératrice fit peindre un portait d’état par Martin van Meytens qu’elle offrit à la ville de Gand où il se trouve toujours dans la maison communale. La ville de Bruges possède également une copie du tableau.
Pour ceux qui avaient moins de moyens, il était possible de limiter la dentelle à une languette ou à un col pour une robe.
De la dentelle traditionnelle à la dentelle mécanique
Quand nous parlons aujourd’hui de dentelle, nous évoquons spontanément la dentelle aux fuseaux. Il s’agit d’une dentelle obtenue par des bobines en bois.
Chaque sorte de dentelle avait ses propres bobines: plus le fil était lourd, plus la bobine était lourde et plus la dentelle était épaisse. La dentelle de Bruges avec ses dessins de fleurs est, par exemple, est une de ces dentelles épaisses.
Il existe également la dentelle obtenue avec aiguille et qui prend beaucoup de temps. Il s’agit d’une couture ouverte ou « punto tirato », qui prend forme lorsque les fils sont tirés et qu’une broderie est réalisée autour de l’ouverture. Plus tard l’action de tirer les fils fut remplacée par la réalisation d’un patron de fils tendus sur lesquels était appliquée la broderie. Technique qu’on appelait « punto in aria ».
La dentelle aux fuseaux était bien plus courante que la dentelle « point à l’aiguille » car elle était moins chère. Un des pionniers de la dentelle avec aiguille était le Vénitien Antonio Tiangliente qui édita, en 1528, un livre sur différents modèles de dentelles.
Les différentes appellations de dentelle sont en lien direct avec leur lieu d’origine ou leur technique de fabrication. Les plus célèbres sont la dentelle de Malines, celle de Bruges et la dentelle de Bruges dont les motifs varient en fonction de l’endroit de fabrication. Nombreuses sont les dentelles qui proviennent de l’étranger comme le « Point d’Angleterre » ou la « Duchesse » qui sont inspirées de la dentelle de Flandre. Le nord de la France – qui, à cette époque, faisait encore partie du comté de Flandre - connaissait un grand essor en matière d’industrie dentellière notamment à Lille et à Valenciennes. Plus tard c’est aux alentours de Paris, berceau de la haute couture, qu’est apparu un autre grand centre. La dentelle « Chantilly » provient, entre autres, de la région parisienne.
Les jeunes filles étaient souvent envoyées dans les écoles de dentellerie, que tenaient des soeurs religieuses. La dentelle de bobines (ou de fuseaux) constituait, au 16ième siècle, une activité réservée aux jeunes filles de l’aristocratie. Ensuite elle devint un gagne-pain pour de nombreuses familles flamandes qui envoyaient leurs filles à l’école de leur région.
Actuellement la dentelle est encore exercée comme une activité de loisir. Mais l’industrie dentellière d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec les clichés réservés aux touristes. Il s’agit d’une industrie textile moderne derrière laquelle se cachent des stylistes expérimentés, qui utilisent des techniques de pointe. Les fabricants de tissus en dentelle réalisent souvent des motifs exclusifs en étroite collaboration avec les fabricants de lingerie de luxe et les grands couturiers. Résultat : l’impression de luxe que dégage la dentelle est, fort heureusement, restée intacte à travers les siècles.
La dentelle est à nouveau très présente dans l’univers de la mode. Cette tendance découle d’un retour aux valeurs sûres. Il en va de même, dans le domaine des robes de mariée. Les robes de mariée et les vestes assorties en dentelle connaissent, actuellement, un grand succès et le voile en dentelle est à nouveau très « in ».
La dentelle est omniprésente dans la nouvelle collection de Prada, experte par excellence dans le lancement de nouvelles modes.
Miucca Prada, la styliste, est une italienne de sang et de cœur. Dans les coulisses, après le défilé, elle explique être véritablement fascinée par cette matière noble qui court tel un fil rouge à travers la vie des femmes. « La dentelle est empreinte d’émotions et de traditions » dira-t-elle. « La dentelle se situe entre la religion et la passion, entre la pudeur et l’érotisme. La dentelle jalonne toutes les étapes importantes de la vie d’une femme : le nouveau-né est baptisé dans une robe en dentelle, la première communiante est habillée de dentelle, la jeune fille reçoit un soutien gorge en dentelle qui éveille, en elle, la séductrice. Lorsqu’elle épouse son grand amour, la femme porte un voile de dentelle blanc. Et lorsqu’elle perd un être cher, elle porte le deuil, habillée de dentelle noire ».
La symbolique du voile en dentelle
La mariée est enveloppée d’un voile de mystère. Comme si la jeune fille ne pouvait être vue qu’après avoir prononcé le « oui » tant attendu.
Dans plusieurs civilisations, le voile est symbole de pureté. Dans l’ancien temps on croyait que le voile rendait la future mariée méconnaissable aux yeux des voleurs de mariées. La crainte que la mariée se fasse enlever, était profondément ancrée dans l’imaginaire collectif.
Le fait qu’on vienne chercher la mariée à son domicile et qu’ensuite elle franchit le seuil de sa nouvelle demeure, portée dans les bras de son mari, provient de ces croyances passées.
En Finlande l’enlèvement de la mariée fait partie des traditions : la mariée est enlevée symboliquement et le marié doit remplir certaines tâches pour regagner sa fiancée.
La dentelle comme symbole de pouvoir
La fabrication de dentelle artisanale exige une mer de temps. Par conséquent, la dentelle est, depuis toujours une matière chère et très exclusive, destinée aux personnes riches.Aussi la dentelle était une manière d’afficher son pouvoir. Lors de grandes occasions comme lors d’un mariage, on prêtait une attention toute particulière à la dentelle qui exprimait le niveau d’aisance de la famille.
Les voiles de dentelle étaient donc, souvent, un bien familial qui se prêtait lors des mariages familiaux.
Un bel exemple de ces voiles familiaux est celui de Laura Mosselman du Chenoy, la grand-mère paternelle de la reine Paola. Ce voile date de la seconde moitié du 19ième siècle et est réalisé en fils de lin, avec fuseaux et aiguille sur un tulle de coton. Il fut réalisé spécialement en vue du mariage de Laura Mosselman du Chenoy, la deuxième fille du comte belge Théodore Mosselman du Chenoy, avec Don Beniamino, Prince Ruffo di Calabria, le 18 juillet 1877. La reine Paola portait ce voile lors de son mariage avec le roi Albert, alors encore Prince de Liège.
Le voile fut rénové à deux reprises, en 1984 pour le mariage de la princesse Astrid avec le prince Lorenzo, et en 1999 lors du mariage du prince Philippe avec la princesse Mathilde. Cette dernière restauration fut orchestrée par Madame Colette van Steyvoort, experte en dentelle et véritable âme du musée de la dentelle de Bruxelles.
Claire Coombs portait également ce même voile lors de son mariage avec le prince Laurent. La dentelle a donc une valeur symbolique très importante et perpétue les traditions. Mais chaque maison royale ne possède pas un voile qui se passe de main en main. La princesse Maxima s’est mariée dans une robe Valentino dont le voile faisait partie intégrante de l’ensemble. La princesse Diana, quant à elle, portait une robe dans laquelle était retravaillée de la dentelle ancienne. Cette manière de procéder arrive souvent dans les milieux en vue. Une tradition qui rejoint la maxime anglaise qui dit « something old, something new ».
La vie secrète de la dentelle
La dentelle est depuis toujours associée aux rituels religieux, du baptême aux enterrements. Au 19ième siècle il existait « la dentelle du dimanche », portée uniquement lors des messes religieuses. Aux Pays Bas, plus qu’ailleurs, les fermières nanties et les femmes de capitaines de la marine arboraient des bonnets en dentelle. La taille de la bande en dentelle indiquait le niveau de richesse de la famille.Il arrivait régulièrement que des symboles soient travaillés dans la dentelle ou que le motif soit lié à un village précis ou à une famille particulière.
Les motifs constituaient souvent la marque de fabrique d’une dentellerie: certaines réalisaient un seul et unique motif.
La dentelle a également, depuis toujours, une face cachée. Elle est utilisée comme outil de séduction. Il y a plusieurs siècles, les femmes manipulaient de ravissants mouchoirs en dentelle pour attirer l’attention des hommes.
A cette époque il était tout à fait inconcevable qu’une femme fasse le premier pas. Mais les femmes avaient déjà leurs secrets pour faire tomber les hommes (au sens littéral) puisqu’elles faisaient glisser un mouchoir en dentelle pour attirer le regard d’un homme. Celui-ci ramassait alors le mouchoir et le rendait à la dame. Avec ou sans conséquence.
Et bien entendu la lingerie en dentelle est depuis toujours un outil rêvé de séduction. On rajoutait aux sous robes un bord en dentelle qui se voyait à peine mais qui suffisait pour titiller l’imagination des hommes.
La lingerie fine était réservée, initialement, aux dames de standing qui ne travaillaient pas. Dans les années 20, les sous robes ou « combinaisons » devinrent très populaires. La dentelle fut alors très prisée. Son succès dura jusqu’aux années 40. Le linge de nuit a suivi la même tendance et était très travaillé avec nombreux bords en dentelle et broderies. Jusqu’à l’apparition de la dentelle élastique, la dentelle était utilisée uniquement comme finition. Grâce aux fibres élastiques il est possible aujourd’hui de réaliser des bodys, des culottes et des soutiens complètement, en dentelle.
La Flandre : le berceau de la dentelle
Les techniques de fabrication de dentelle sont nées à la fin du 15ième siècle.
La Flandre jouit d’une réputation à travers les siècles, en matière de fabrication de dentelle.
Pourtant les avis divergent quant à l’origine exacte : la plupart affirment que la dentelle est née en Flandre, mais d’autres avancent que ce sont les Italiens qui la créèrent en premier lieu.
Un fait est certain : au 16 ième siècle, les échanges entre l’Italie et la Flandre étaient réguliers et il est fort probable qu’il y ait eu interaction entre les deux régions.
Toujours est-il que la dentelle de Flandre était appréciée dans les plus hauts cercles. L’impératrice Marie-Thérèse était une grande amatrice de dentelle. Lors de l’inauguration des Etats Généraux de Flandre, elle portait une magnifique robe en dentelle de Malines.
La dentelle fut réalisée aux fuseaux par des Flamandes qui travaillèrent pendant une année entière à la confection de la robe. Pour les remercier, l’impératrice fit peindre un portait d’état par Martin van Meytens qu’elle offrit à la ville de Gand où il se trouve toujours dans la maison communale. La ville de Bruges possède également une copie du tableau.
Pour ceux qui avaient moins de moyens, il était possible de limiter la dentelle à une languette ou à un col pour une robe.
De la dentelle traditionnelle à la dentelle mécanique
Quand nous parlons aujourd’hui de dentelle, nous évoquons spontanément la dentelle aux fuseaux. Il s’agit d’une dentelle obtenue par des bobines en bois.
Chaque sorte de dentelle avait ses propres bobines: plus le fil était lourd, plus la bobine était lourde et plus la dentelle était épaisse. La dentelle de Bruges avec ses dessins de fleurs est, par exemple, est une de ces dentelles épaisses.
Il existe également la dentelle obtenue avec aiguille et qui prend beaucoup de temps. Il s’agit d’une couture ouverte ou « punto tirato », qui prend forme lorsque les fils sont tirés et qu’une broderie est réalisée autour de l’ouverture. Plus tard l’action de tirer les fils fut remplacée par la réalisation d’un patron de fils tendus sur lesquels était appliquée la broderie. Technique qu’on appelait « punto in aria ».
La dentelle aux fuseaux était bien plus courante que la dentelle « point à l’aiguille » car elle était moins chère. Un des pionniers de la dentelle avec aiguille était le Vénitien Antonio Tiangliente qui édita, en 1528, un livre sur différents modèles de dentelles.
Les différentes appellations de dentelle sont en lien direct avec leur lieu d’origine ou leur technique de fabrication. Les plus célèbres sont la dentelle de Malines, celle de Bruges et la dentelle de Bruges dont les motifs varient en fonction de l’endroit de fabrication. Nombreuses sont les dentelles qui proviennent de l’étranger comme le « Point d’Angleterre » ou la « Duchesse » qui sont inspirées de la dentelle de Flandre. Le nord de la France – qui, à cette époque, faisait encore partie du comté de Flandre - connaissait un grand essor en matière d’industrie dentellière notamment à Lille et à Valenciennes. Plus tard c’est aux alentours de Paris, berceau de la haute couture, qu’est apparu un autre grand centre. La dentelle « Chantilly » provient, entre autres, de la région parisienne.
Les jeunes filles étaient souvent envoyées dans les écoles de dentellerie, que tenaient des soeurs religieuses. La dentelle de bobines (ou de fuseaux) constituait, au 16ième siècle, une activité réservée aux jeunes filles de l’aristocratie. Ensuite elle devint un gagne-pain pour de nombreuses familles flamandes qui envoyaient leurs filles à l’école de leur région.
Actuellement la dentelle est encore exercée comme une activité de loisir. Mais l’industrie dentellière d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec les clichés réservés aux touristes. Il s’agit d’une industrie textile moderne derrière laquelle se cachent des stylistes expérimentés, qui utilisent des techniques de pointe. Les fabricants de tissus en dentelle réalisent souvent des motifs exclusifs en étroite collaboration avec les fabricants de lingerie de luxe et les grands couturiers. Résultat : l’impression de luxe que dégage la dentelle est, fort heureusement, restée intacte à travers les siècles.

