L’ÉVEIL DU MARIÉ

La question que l’on se pose en général à l’annonce d’un récent mariage est se savoir comment était la robe de la mariée. On s’étend rarement sur le marié à moins qu’il n’ait surpris par son originalité à l’un ou l’autre égard... Mise inattendue, discours original ou mine si radieuse qu’on ne pouvait pas ne pas le remarquer, par exemple.
Or, pourquoi le marié devrait-il rester dans l’ombre de sa (future) femme? Il a le droit lui aussi de briller en ce beau jour.

 

Une tenue en accord parfait avec la mariée

Si la mariée se met en quête de la robe idéale pour le grand jour des mois d’avance, c’est rarement le cas de son promis. Pourtant, la tenue du marié est tout aussi importante. Le costume de mariage reflètera si possible la personnalité de l’intéressé et s’accordera de préférence avec la robe de la mariée. Jadis, le fiancé ne pouvait voir la robe de sa promise avant le jour du mariage. On l’entourait donc du plus grand secret. Aujourd’hui, il n’est pas rare qu’on lève un petit coin du voile. Si la jeune femme ne doit pas pour autant montrer purement et simplement sa robe à son fiancé, il est néanmoins conseillé de donner quelques éléments d’information quant au style, à la couleur et à la longueur de la robe. Les mariés seront d’autant plus beaux que leurs vêtements seront accordés. Si la mariée adopte le style victorien, la jaquette et le haut-de-forme s’imposent pour le marié. Si la mariée opte au contraire pour un style minimaliste moderne, il pourra se permettre un costume actuel anthracite ou noir et un t-shirt de soie écru ou blanc.
Un smoking s’accordera très bien avec une robe de mariée années cinquante arrivant au genou ou au mollet. Si la mariée porte un tailleur ou un ensemble pantalon, le marié veillera à ne pas en faire trop au niveau de sa mise. Mieux vaut dans ce cas qu’il s’en tienne à un costume conventionnel.
La coupe du costume doit par ailleurs convenir à son physique. Les hommes de petite taille et fluets choisiront de préférence un pantalon étroit et un blazer court. Silhouette très actuelle, qui plus est.

 

La chemise de cérémonie et les boutons de manchettes

La chemise peut être déterminante pour le style. Il y a notamment les chemises raffinées à petit col rétro arrondi de l’entre-deux-guerres, assorties – pourquoi pas? – de bretelles, pour les amateurs du genre. Elles vont du reste très bien aux hommes minces.
La plupart des chemises de cérémonie sont dotées de doubles manchettes qui, bien entendu, demandent des boutons de manchettes. Pour l’occasion, on veillera à choisir une paire qui s’accorde parfaitement avec les autres accessoires. Il existe actuellement une grande variété de boutons de manchettes en argent. De quoi en tout cas apporter une touche discrète mais originale à l’ensemble. Si vous entendez pousser le raffinement jusqu’au bout, sachez que vous pouvez faire confectionner des boutons de manchettes dans le même tissu que la robe de votre promise.

 

N’oubliez pas les dessous

Les sous-vêtements et les bas font partie intégrante de la mise. Les chaussures classiques exigent le port de bas en fil d’écosse. Les chaussettes sont à proscrire parce qu’elles laissent entrevoir la peau (velue) lorsque vous vous croisez les jambes. Assortissez-en la couleur au costume, à moins que vous ne souhaitiez mettre un accent original en les accordant aux accessoires. Sauf à avoir le torse glabre, mieux vaut également porter une chemisette sous votre chemise de cérémonie, surtout le soir, si vous tombez la veste pour danser.

 

L’étiquette pour le marié: à droite à l’église, à gauche à l’hôtel de ville

“Le jour de son mariage, le jeune homme est souvent considéré comme un simple figurant, tant les regards se focalisent sur la mariée. Pourtant, il n’en est rien. Il savoure pleinement ce jour lui aussi”, nous affirme Albert Amez, maître de cérémonie. “Je ne peux que lui conseiller de ne pas se laisser enfermer dans ce rôle, mais de vivre chaque seconde intensément et d’en profiter au maximum. Le futur marié est en général très fier de se trouver aux côtés de sa belle promise. Il n’y a pas de raison qu’il ne le montre pas. Avoir un geste affectueux envers elle ne porte en aucun cas atteinte à l’étiquette. La cérémonie religieuse atteint son paroxysme au moment où les promis se rejoignent devant l’autel. Il arrive que pour des raisons familiales le couple préfère se diriger ensemble vers l’autel. Le maître de cérémonie se doit d’être à l’écoute des souhaits des futurs mariés et de faire passer le message aux parents avec la délicatesse voulue. La plupart du temps et comme le veut la tradition, c’est le père qui mène sa fille à l’autel. C’est un moment très chargé sur le plan émotionnel. Après que le père lui aura ‘donne’ sa fille en mariage, le fiancé pourra dévoiler sa future épouse. Il ne doit pas se préoccuper de la traîne. C’est la tâche des demoiselles d’honneur. À l’église, le marié se place à droite de la mariée, et c’est ainsi qu’ils quitteront l’église également, contrairement à la suite, où les femmes se tiennent à droite des messieurs. À l’hôtel de ville, en revanche, le futur marié se tient à gauche de sa promise. Pour accueillir les invités à la réception, la mariée se place devant. C’est elle qui reçoit. Si la mariée embrasse un invité, le mari suivra son exemple. Au moment de porter les toasts, le père de la mariée prendra la parole en premier. Ensuite, le marié pourra user de son ‘droit de réponse’. Ce discours sert en général à remercier les parents et les invités. Le marié pourra introduire dans son discours une certaine légèreté et quelques traits d’humour, mais veillera à rester élégant et respectueux. Après le discours seulement, il pourra desserrer sa cravate et oublier le protocole. L’étiquette comporte certaines règles, mais ce n’est pas une science exacte. La société a beaucoup changé aux cours des dernières décennies et l’étiquette doit évoluer avec elle. Pour moi, l’important est que les mariés restent eux-mêmes le jour venu, pour qu’ils puissent profiter pleinement et en toute décontraction de la grande occasion. Je constate qu’ils préparent ce jour avec beaucoup de soin en s’attachent au moindre détail. Le couple écrit la partition à quatre mains, le maître de cérémonie se contente pour sa part d’en assurer la parfaite exécution.”

 

Texte : Lut Clincke / Infos : www.albert-amez.be